INVITATION

 
Décidons collectivement quelle science
nous voulons pour le Québec
 
La Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation (SQRI 2010-2013) guide actuellement la politique scientifique du Québec. Adoptée en juin 2010, elle fait suite à d'autres documents: Savoir changer le monde (Politique québécoise de la science et de l'innovation de 2001), Un Québec innovant et prospère (la première Stratégie de 2006) et elle s'harmonise avec la politique canadienne Réaliser le potentiel des sciences et des technologies au profit du Canada (Gouvernement du Canada, 2007). Or aucune de ces politiques n'a fait l'objet d'un débat public ou d'une évaluation à l'un ou l'autre des parlements ou en commission parlementaire. Pourtant, la science est une institution qui a un impact considérable sur la vie des citoyens et sur l'avenir de la société québécoise. Comment repolitiser la science, c'est-à-dire l'introduire dans le débat public, dans la Cité, sans pour autant l'assujettir à l'agenda politique des partis, des gouvernements et de leurs partenaires ?

Cette question, au coeur de la démocratie scientifique, est urgente. De nombreux observateurs notent une fracture croissante au Québec (et ailleurs) entre le monde de la science et le reste de la société.
Cette fracture risque de conduire les citoyens à se méfier des demandes des chercheurs pour un financement accru de la recherche scientifique publique. Si le financement public de la science diminue, les chercheurs se tourneront encore davantage vers des sources financières privées, c’est-à-dire industrielles. Les conséquences seront nombreuses: conflits d’intérêts, marchandisation accrue du savoir, abandon des domaines de recherche non rentables, notamment en sciences sociales et humaines, insécurité de la recherche fondamentale. La politique scientifique actuelle (Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation 2010-2013) est centrée sur la valorisation commerciale d'innovations techniques. Est-ce vraiment la science que nous voulons?
 
Pour répondre à cette question, rien de mieux que de se la poser directement entre concitoyens. D'ailleurs, des organismes de plus en plus nombreux dans le monde préconisent la participation des citoyens à l'élaboration des politiques publiques, c'est-à-dire à la conception de plans d'action de l'État dans des domaines précis. Soucieuse d'appuyer une science socialement responsable, l’Association science et bien commun a décidé d'utiliser les avantages de l'Internet pour proposer aux Québécois de s’intéresser cet hiver à la science qui se fait chez eux et de rédiger collectivement un document proposant les grandes lignes d'une politique scientifique qui reflètera leurs valeurs et leurs aspirations.
 
L'Association présentera cet "énoncé de politique" aux élus du Québec. Elle souhaite ainsi répondre à l’appel de Jacques Testart et Éric Gall (2007) pour “refonder notre système de recherche autour d'un nouveau contrat entre science et société, de nouvelles missions et orientations de la recherche et d'une alliance forte entre les acteurs de la recherche publique et la société civile, porteuse de besoins et d'intérêts non marchands”. 
 
Rédigeons ensemble un énoncé de politique publique qui dira aux élus, actuels ou à venir, ce qu'est la science que nous voulons pour le Québec.
 
Cet énoncé sera organisé en neuf chapitres, rédigés par des groupes de participants à partir des réponses aux questionnaires, des documents et des billets publiés sur ce site. Ces chapitres seront organisés autour des thèmes suivants:
  • La science, le bien commun et les enjeux éthiques
  • L'ampleur et les limites des pouvoirs et responsabilités de l'État face à la recherche scientifique
  • Le financement de la recherche
  • La gouvernance et la prise de décision au sujet de la science publique au Québec
  • L'organisation de la recherche publique
  • La régulation des métiers de la recherche
  • L'implication du public
  • La science et l'industrie
  • La science et Internet
     
NB: Pour ce projet, la "science" inclut autant les sciences de la nature, les sciences de la santé, les sciences fondamentales que les sciences sociales et humaines et les sciences appliquées, les sciences qui se font à l'université, dans l'appareil d'État ou dans le secteur industriel, les sciences qualitatives et les sciences quantitatives.