- Les objectifs du projet
- Pourquoi un projet web, exclusivement sur Internet?
- La méthodologie proposée, en trois étapes
- Description détaillée des catégories thématiques
- Financement du projet
Le but du projet web La science que nous voulons est la rédaction collective d’un nouvel énoncé de politique scientifique pour le Québec, exprimant les valeurs, les préoccupations et les souhaits de citoyens québécois venant de tous les horizons.
Son but n'est pas de décrire ni d'analyser la situation actuelle de la science et de l'université au Québec, même si la critique de la politique actuelle en a été l’élément déclencheur. Son objectif est de proposer des lignes directrices pour l’action de l’État québécois en matière de science sous la forme de propositions concrètes et cohérentes. Ces propositions appuieront une science publique au service du bien commun et non des impératifs supposés de la croissance économique et financière. Il est donc clair que la mission et les valeurs qui seront proposées pour cette politique scientifique renouvelée seront probablement différentes de celles promues par la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation (SQRI, politique actuelle du gouvernement du Québec), qui, à l'instar d'autres pays, propose d'utiliser les ressources de la science québécoise pour « enrichir » le Québec, à commencer par l’industrie privée.
L’énoncé de politique La science que nous voulons se différenciera aussi de la SQRI car il sera préparé et rédigé en toute transparence par tous les citoyens et les organisations qui souhaiteront s’engager sérieusement dans cette entreprise. Des méthodes électroniques innovantes seront proposées aux citoyens-rédacteurs pour faciliter ce processus de rédaction à plusieurs mains, partout au Québec.
Ce projet repose sur la conviction que la science est loin de se limiter aux murs de la tour d’ivoire où certains aimeraient croire qu’elle se développe paisiblement, mue par le seul souci de la connaissance vraie et du bien commun que partageraient spontanément les chercheurs. Les impacts des avancées scientifiques sur les sociétés contemporaines ou sur la planète, positifs comme négatifs, les liens privilégiés - mais souvent opaques - entre experts, industrie et État, les changements climatiques, les débats soulevés par le principe de précaution, tout ceci montre bien à quel point la science est politique.
Or, si la science est d'ordre politique, elle doit faire l’objet de débats publics : être débattue en campagne électorale, en commission parlementaire, dans les médias, etc. C’est rarement le cas. Le plus souvent, elle n’apparaît dans les médias qu’à l’occasion d’une fraude scientifique ou de la performance exceptionnelle d’un chercheur. Il n’existe pas de « critique de science » comme il y a des critiques musicaux, littéraires ou culinaires: ou bien on est « pour » la science et on ne doit jamais critiquer ce qui se fait, mais seulement en faire la promotion, ou bien on est « contre » la science. Nous refusons cette opposition et voulons débattre pour imaginer ensemble la science que nous voulons appuyer au Québec.
Pourquoi un projet web, c'est-à-dire exclusivement sur Internet?
L'Association a choisi de proposer aux Québécois un projet web pour plusieurs raisons :
- Un projet web, surtout réalisé avec un logiciel libre comme Drupal, coûte beaucoup moins cher et est moins compliqué à gérer qu'une tournée d'assemblées publiques dans tous les coins du Québec, même si une telle tournée aurait été plus chaleureuse et plus conforme aux habitudes québécoises.
- Un projet web permet de rejoindre beaucoup de personnes en peu de temps; or, un projet comme celui-là ne doit pas s'éterniser. Les participants doivent pouvoir constater rapidement ce qui a été produit.
- La dimension automatique d'un site Internet élimine plusieurs tâches fastidieuses de gestion de contenu, notamment la classification des messages, leur mise au propre, etc. L'utilisation des messages et idées récoltées en sera d'autant facilitée.
- Les mesures de sécurité développées par les concepteurs de logiciel rendent beaucoup moins probables et facilement rectifiables les spams, les messages abusifs, les arnaques. Le webmestre peut facilement corriger le style d'un message ou le supprimer s'il n'est pas conforme aux valeurs du site.
- La majorité des Québécois, surtout ceux qui sont susceptibles d'être intéressés par le thème du projet, ont accès à un ordinateur et à Internet chez eux, ce qui leur permet de participer au moment qui leur convient et de prendre le temps de réfléchir avant d'écrire ou de répondre aux questionnaires.
- Certes, écrire ses idées est une activité solitaire. Mais les publier sur un site de blogues multi-utilisateur comme celui de La science que nous voulons est une occasion de partager des idées et peut-être de susciter des commentaires ou des réactions.
- Offrir aux Québécois une occasion de prendre leur place dans le web 2.0, le web participatif, est un geste d'empowerment, de développement du pouvoir d'agir, conforme à la mission de l'Association.
- Un site Internet permet de rassembler en un seul lieu accessible à tous une grande masse d'information, puis de la transformer en archive publique. Cette transparence fait aussi partie des valeurs de l'Association.
La méthodologie, en trois étapes
Une première méthodologie avait été conçue par le comité de pilotage formé du noyau de l’Association science et bien commun. Elle s’inspirait d’expériences antérieures et utilisait des outils Internet novateurs. Le processus devait se dérouler en trois grandes étapes, dans un échéancier serré. En raison d'une faible participation, tous les outils prévus restent disponibles en même temps, dans un horizon de plusieurs années.
- La moisson d’idées. Elle consiste à recueillir auprès de toute la population un grand nombre d’idées et de points de vue, mais aussi d’analyses critiques de la situation actuelle (politique scientifique, pratique scientifique, universités, etc.). Cette moisson d'idées utilise cinq outils (courriel, billets de blog, débats graphiques, réponses à des questionnaires, délibérations en ligne) et prévoit de rassembler sur une même page web publique toutes les idées recueillies, afin de faciliter leur consultation et leur utilisation (page des propositions reçues).
- La rédaction de l'énoncé commencera par l'analyse collective des idées recueillies. Les 9 chapitres qui constitueront l’énoncé de politique seront ensuite rédigés en petits groupes. Cette étape se fera sous la forme de groupes de travail virtuels de 5 à 10 personnes. Chaque groupe de travail sera responsable d'un chapitre correspondant à une catégorie thématique. Un chapitre sera composé d'une série ordonnée de recommandations appuyées sur des arguments et des exemples recueillis lors de la première étape. Pour préparer et ordonner ces énoncés, chaque groupe sera invité à utiliser la méthode électronique de délibération Délibensemble qui permet de délibérer en ligne sur des propositions en votant et en argumentant. D’autres méthodes pourront aussi être choisies. Cette étape ne commencera véritablement que lorsque la moisson d'idées aura été bien avancée.
- La troisième étape sera celle de la publicisation de l’énoncé. Encore une fois, cette étape se fera dans la transparence et essentiellement sur Internet, par le biais d’un formulaire électronique qui soumettra chaque recommandation au jugement des citoyens. Les groupes de travail pourront, si les arguments sont convaincants, retravailler leur texte. Un sondage de validation conclura le processus avant la remise du document au ministre responsable, aux élus, aux administrateurs de la recherche et aux médias.
Description détaillée des catégories thématiques
Voici les 9 catégories d’analyse qui ont été retenues par le comité et qui pourraient, si leur pertinence se confirme lors de la moisson d’idées, devenir 9 groupes de travail et 9 chapitres de l’énoncé de politique La science que nous voulons :
Thèmes: Imaginons une science guidée par le souci du bien commun, une science qui explore de nouvelles avenues, mais avec le souci constant de ses effets sur la société, sur l'environnement, sur les droits des personnes - des chercheurs et des universités socialement responsables, qui, tout en cherchant à créer de nouvelles connaissances, sont à l'écoute des valeurs et des préoccupations des citoyens - une science appliquée aux enjeux du bien commun et pas seulement aux intérêts économiques - des chercheurs conscients des enjeux éthiques liés à leur travail et qui acceptent d'en débattre dans l'espace public, etc.
Thèmes : la mission, la vision et les valeurs de la politique scientifique, la procédure d'élaboration de la politique, le choix des conseillers, les forces et les faiblesses de la politique et des plans d'actions actuels (SQRI), les rapports entre l'État et les universités qui emploient des chercheurs, le financement des universités, etc.
Thèmes : la part du budget national accordée à la recherche, le mode d'attribution des ressources financières aux projets de recherche (concours au mérite ou...), les critères utilisés dans l'attribution de financement, l'équilibre entre les domaines et les missions, etc.
- La gouvernance et la prise de décision au sujet de la science publique au Québec
Thèmes : le nouveau Fonds de recherche du Québec, le rôle du scientifique en chef, l'organisation du ministère responsable de la science, la transparence et l'accès aux données sur la science publique, l'implication du public, le choix des priorités scientifiques (comment, pourquoi, lesquelles, selon quels critères), l'évaluation des priorités actuelles et du processus de leur choix, la place du lobbyisme, etc.
- L'organisation de la recherche publique au Québec
Thèmes : les programmes stratégiques ou libres de subventions et de bourses, le soutien aux revues et à l'édition scientifique, l'interdisciplinarité ou les relations entre les disciplines, les projets intersectoriels, la formation en éthique des sciences, les regroupements de chercheurs, le rôles respectif des universités, des centres de recherches, de la recherche au sein des ministères, l'accès aux infrastructures, les critères d'évaluation des universités de recherche, etc.
Thèmes : les conditions de travail, droits et responsabilités des professeurs-chercheurs et étudiants-chercheurs, des professionnels, assistants et techniciens de recherche, des gestionnaires, des conseillers, des éditeurs, des chercheurs postdoctoraux, etc., le syndicalisme, les droits des individus et des organisations au regard de la propriété intellectuelle, l’engagement social, l’intégrité en recherche, la formation de la relève, l'emploi, la place des femmes, la langue de travail et de publication, etc.
Thèmes : les PPP (partenariats public-privé), l'innovation technologique, la valorisation de la recherche, la propriété intellectuelle et les brevets, les conflits d'intérêts, etc.
Thèmes : les débats publics sur les grands projets scientifiques, les processus de consultation des citoyens, la communication scientifique, la culture scientifique, les jeunes et la science, l'éthique des sciences, la mobilisation des connaissances, etc.
Thèmes: la régulation de la science en ligne, la reconnaissance des blogues scientifiques, l'appui à la science 2.0. Comment encourager de nouvelles méthodes? Internet peut-il rendre la science plus écoresponsable? plus participative? plus dialogique? Que devient la propriété intellectuelle dans un travail collaboratif à distance?
Si vous souhaitez participer à la première étape, consultez la page « Comment participer ».
Pour devenir membre d’un groupe de travail, indiquez votre souhait dans le formulaire de renseignements que tous les participants doivent remplir pour être nommés comme co-auteurs de l'énoncé de politique La science que nous voulons, ou écrivez un message à la sciencequenousvoulons@gmail.com.
Ce projet bénéficie de plusieurs types de ressources:
- Les fonds recueillis par l'Association science et bien commun. En ce début de processus, il s'agit de dons individuels et d'un petit don offert par la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université du Québec. Ces fonds ont permis de créer le présent site Internet à l'aide du logiciel libre Drupal.
- Le bénévolat et la générosité de ses membres
- Une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour développer et tester la méthode Délibensemble qui sera offerte aux groupes de travail dans la deuxième étape: "Développement et mise à l’épreuve d’une méthode électronique de délibération publique adaptée aux consultations publiques". Cette subvention finance aussi l'organisation de l'activité Enjeux de recherche au congrès de l'ACFAS par le chargé de projet Emmanuel Leroux-Nega.
- Un partenariat avec un organisme qui soutient les projets de participation citoyenne: l'Institut du Nouveau Monde
- L'appui moral de nombreux réseaux au Québec
